Dans tous les cas, le président du club (si c’est une activité CODEP, le président du CODEP) doit être informé.
| Les secours ne sont pas appelés | Les secours sont appelés |
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Une déclaration d’accident doit être faite dans les 48 heures |
L'oreille est constituée de trois parties : l'oreille externe comprenant le pavillon de l'oreille et le conduit auditif; l'oreille moyenne formée du tympan, de la caisse du tympan et des osselets, et l'oreille interne où se trouvent la cochlée et l'appareil vestibulaire. Lors de la descente, la pression de l'eau augmentant, le volume d'air contenu dans la caisse de tympan va donc diminuer. Cela va entraîner une déformation tympanique. Le passage d'air par la trompe d'Eustache n'étant pas spontané, il est souvent nécessaire d'effectuer des manoeuvres spécifiques afin de rétablir l'équipression de part et d'autre du tympan. Les accidents peuvent survenir de deux façons, soit par absence de compensation, soit par compensation brutale et retardée ("coup de piston"). Sans équilibration ou lorsque celle-ci est empêchée (notamment par une obstruction de la trompe d'Eustache), l'apnéiste va ressentir une douleur plus ou moins violente au niveau de l'oreille vers des profondeurs de 3 à 4 m. L'obstruction est principalement liée à des mucosités en cas de rhinite aiguë ou chronique (de type allergique). Cette douleur correspond à la déformation tympanique sous l'effet de la pression. C'est l'otite. Si le plongeur continue malgré tout sa descente, la douleur ne fera qu'augmenter tandis qu'apparaîtra une hypoacousie (baisse de l'audition) ainsi que des bourdonnements. Il peut aussi apparaître une douleur brutale lors d'une compensation tardive et violente.En cas de rupture tympanique, la pénétration d'eau dans l'oreille moyenne peut entraîner des vertiges, voire des syncopes. À la suite des barotraumatismes, des atteintes de l'oreille interne peuvent survenir, se traduisant par des vertiges, des acouphènes, une surdité, des nausées et des vomissements.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
La première prévention consistera à ne pas plonger enrhumé. Un œdème obstruant la trompe d'Eustache compromet l'efficacité des manœuvres d'équilibration. L'apnée ne permet que rarement de prendre son temps pour compenser, contrairement à ce qui se passe lors d'une plongée en scaphandre. En deuxième lieu, il conviendra de compenser régulièrement avant de ressentir des douleurs au niveau des oreilles. Les méthodes de compensation sont les mêmes qu'en scaphandre autonome. Il s'agit dans la mesure du possible de réaliser la béance tubaire volontaire. Cette méthode demande de l'entraînement, puisqu'elle repose sur des mouvements du pharynx provoqués par un bâillement. On arrive au même résultat lors d'une simple déglutition. Malheureusement, tout le monde n'arrive pas à compenser à l'aide de cette méthode. Il existe une autre méthode, appelée méthode de Frenzel. Elle consiste à plaquer la langue contre le palais, à se pincer le nez, et à prononcer un "ke". Pas toujours aisée à réaliser, elle doit être préférée au Valsalva. Enfin, en cas d'échec des deux précédentes méthodes, il reste la méthode de Valsalva. Très facile à utiliser, surtout pour les débutants, elle peut être traumatisante pour le tympan si elle n'est pas correctement effectuée.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
L'apnéiste se plaint de douleurs à l’oreille et/ou aux sinus : sortie de l'eau, fin de la séance et surveillance. Les points de contrôle pendant la surveillance : L'apnéiste saigne de l’oreille [ oui | non ] / L’apnéiste se plaint de troubles de l’audition (perte, acouphène) [ oui | non ] / La douleur est intense et/ou persiste [ oui | non ] / L'apnéiste se plaint de vertiges et/ou de nausées [ oui | non ]
| Toutes les réponses sont négatives | Une réponse est positive |
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Appel du 15 ou 18 Un nouveau certificat médical d’absence de contre-indication, établi par un médecin du sport / fédéral ou hyperbare est requis. |
L'air emprisonné entre le masque et le visage va subir la loi de Boyle. Le volume du gaz contenu sous le masque va donc diminuer au fur et à mesure de la descente. Dans un premier temps, l'aspiration liée à la diminution de volume va « écraser » le masque sur le visage grâce à l'élasticité de sa jupe. Une fois que cet effet ventouse ne peut plus être compensé par l'élasticité de la jupe, le masque s'applique sur le visage. « L'aspiration » va entraîner une hyperhémie délimitée par le masque. On peut voir aussi une hémorragie sous-conjonctivale et des épistaxis. En cas de persistance de signes cliniques ou d'altération de la vue, une consultation ophtalmologique est impérative afin d'examiner le segment antérieur de l'œil. Aucun traitement n'est nécessaire en cas de simple hyperhémie conjonctivale. En cas d'atteinte plus profonde, l'ophtalmologiste jugera de la thérapeutique à employer. De la même manière que pour les oreilles ou les sinus, il faut combler le déficit de volume lié à la loi de Boyle-Mariotte en augmentant la pression dans le masque. Pour ce faire, il suffit de rajouter de l'air dans le masque en soufflant par le nez.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
Depuis le développement des compétitions notamment en piscine, une nouvelle symptomatologie clinique est apparue. À la sortie de l'apnée, juste à la reprise respiratoire, l'apnéiste présente un mouvement saccadé de la tête (d'où le terme "samba" ou encore de PCM) avec une conscience et une réponse motrice altérées. L'explication physiopathologique avancée serait une hypoxie sévère. Cette hypoxie se prolongerait quelques secondes après la reprise ventilatoire. La récupération est quasi immédiate (en quelques secondes) ne nécessitant aucune intervention si ce n'est d'assister l'apnéiste pour éviter tout suraccident (une noyade, par exemple). La perte de connaissance est probablement le plus grand danger de la plongée en apnée. Elle est liée à une hypoxie cérébrale. La perte de connaissance en elle-même n'est pas semble-t-il particulièrement dangereuse. Ses conséquences sont toutefois souvent dramatiques. L'apnéiste effectue sa reprise respiratoire alors que les voies aériennes se trouvent immergées, et c'est la noyade. Avec l'apparition des compétitions d'apnée pure, des sambas ou des PC se produisent régulièrement, heureusement sans conséquence grâce à la surveillance rapprochée lors de ces manifestations. Cependant, les conséquences à moyen ou long terme d'hypoxies répétées ne sont pas connues ; il convient donc d'être prudent.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
La précaution de ne pas expirer avec force en finissant une apnée est un geste de la plus haute importance, qui peut faire la différence entre ressortir indemne ou connaître une expérience désagréable ; pour la sécurité de l'athlète, cette prudence doit se transformer en automatisme à la fin de chaque apnée, qu'elle soit statique, dynamique ou profonde.
Pelizzari, U., & Tovaglieri, S. (2005). Apnée, de l'initiation à la performance. AMPHORA.
Il ne faut jamais faire d'hyperventilation. L'apnéiste doit toujours évoluer en binôme, et son binôme doit toujours pouvoir le voir et être capable, physiquement et techniquement, d'aller le chercher en cas de problème. Quant au lestage, il convient de le calculer de façon à avoir une flottabilité légèrement positive en surface (diminution des efforts de sustentation). Les séances d'apnée ne doivent pas être trop longues, car une accoutumance à l'augmentation de la pression partielle de CO2 se produit au fur et à mesure des apnées, à plus ou moins long terme. Il n'y a en revanche que peu d'accoutumance à la diminution de la pression partielle d'O2.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
La respiration en crochet est très efficace pour accélérer la récupération chez les individus présentant un retard de récupération de la SaO2, probablement lié à un œdème pulmonaire léger, tandis que chez les sujets sans retard, l'effet est négligeable. Lors de plongées proches de la profondeur maximale individuelle, l'effet bénéfique pourrait concerner un plus grand nombre de plongeurs.
Fernández F.A., Rodríguez-Zamora L., Schagatay E. (2019) Hook Breathing Facilitates SaO2 Recovery After Deep Dives in Freedivers With Slow Recovery. Front. Physiol. 10:1076. doi: 10.3389/fphys.2019.01076
Généralement, l'apnéiste n'est pas lui-même capable de s'apercevoir qu'il va perdre connaissance. Mais son coéquipier dispose de plusieurs signes annonciateurs: - expiration d'air sous l'eau, qui se manifeste par la présence de bulles: dans les cas de PCM, le tonus musculaire diminue, et l'air sort alors "tout seul " ; - aucune réponse à un signe préalablement convenu; - en apnée dynamique ou en poids constant, accélération vers la fin qui laisse penser que l'apnéiste force probablement son apnée; - en apnée dynamique, changements de trajectoires, début de zig-zags, etc. Si l'apnéiste est en PC, il faut le remonter immédiatement. Une fois à la surface, le masque sera ôté, et une insufflation d'air dans les narines sera effectuée. La reprise de conscience sera quasi immédiate. La surveillance de l'état de conscience, durant tout le trajet jusqu'au bateau, sera naturellement nécessaire. Si l'apnéiste ne reprend pas immédiatement connaissance, c'est qu'il s'agit probablement d'une noyade (inhalation d'eau). Le plongeur sera ramené jusqu'au bateau, les voies aériennes étant maintenues hors de l'eau. Une fois à bord, les gestes de réanimation seront pratiqués en fonction de l'état de la victime.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
L’apnéiste perd la connaissance ou le contrôle de ses mouvements : sortie de l'eau, fin de la séance et surveillance. Les points de contrôle pendant la surveillance : La victime présente des difficultés respiratoires [ oui | non ] / La victime présente une toux [ oui | non ] / La victime présente un trouble de conscience persistant [ oui | non ] / La victime ne récupère pas rapidement [ oui | non ]
| Perte du contrôle moteur volontaire ("samba") | Syncope : tous les points de contrôle sont négatifs | Syncope : l'un des points de contrôle est positif |
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La victime a normalement dû récupérer et peut s'hydrater. Fin de la séance. |
Oxygéner avec un masque à haute concentration, un débit de 15l/min, durant 10 minutes. Fin de la séance. |
15l/min au masque à haute concentration si la victime respire. Avec BAVU et masque de taille adaptée dans le cas contraire (et démarrer les compressions thoraciques) APPEL des secours : centre 15 à terre / CROSS en mer (196 depuis le littoral, canal 16 de la VHF) |
D'après le document 'CAT Accident d'apnée' disponible à https://medical.ffessm.fr/cat-accident-d-apnee.
L'explication actuelle de ce phénomène repose sur une combinaison de modifications cardiovasculaires survenant lors de l'immersion, d'une augmentation de la pression hydrostatique, de la fermeture et de la réouverture des alvéoles et de l'apnée. La loi de Boyle-Mariotte stipule que, lors d'une plongée en apnée, la pression ambiante augmente tandis que le volume d'air dans les poumons diminue. Lorsque la capacité pulmonaire est réduite au volume résiduel, l'augmentation de la pression ambiante entraîne une pression négative dans le thorax, provoquant un déplacement du sang. L'immersion et l'apnée déclenchent une réponse du système nerveux autonome, induisant une vasoconstriction périphérique et une bradycardie. L'effet de flottabilité dans l'eau contribue également à ce déplacement du sang vers le thorax en raison de la disparition de l'effet de gravité. L'immersion, la pression hydrostatique et l'apnée entraînent un important déplacement du sang vers le thorax et une congestion vasculaire pulmonaire significative. Si la pression capillaire pulmonaire dépasse la pression oncotique, la transsudation capillaire peut conduire à un œdème pulmonaire. Un déplacement massif du sang peut augmenter la pression capillaire pulmonaire transmurale, pouvant potentiellement provoquer des lésions endothéliales et une insuffisance cardiaque induite par le stress. 3 Parmi les autres causes possibles de compression, on peut citer l'impact physique de l'affaissement de certaines parties des poumons et la compression de l'interstitium et des vaisseaux pulmonaires. Un traumatisme peut également être causé par l'ouverture soudaine des alvéoles lors de l'ascension.
Barković, I. (2024). Hemoptysis in lung squeeze - where does it come from, why, and when ?. In : Lindholm, Lang, Tillmans (2024). Proceedings of Barotrauma and SIPE in Freediving Workshop. San Diego. Disponible à : https://emergencymed.ucsd.edu/_files/divisions/sdced/2024-sdceddan_workshop_proceedings_2024.pdf
Le barotraumatisme pulmonaire de descente (lung squeeze) en apnée est traditionnellement considéré comme un phénomène principalement hydrostatique. La différence de pression entre le sang contenu dans les capillaires alvéolaires et les espaces aériens finit par rompre l'intégrité structurelle de l'interface alvéolo-capillaire, entraînant une hémorragie alvéolaire. On pense que le risque de lung squeeze peut être réduit par des facteurs minimisant cette différence de pression, tels qu'une plus grande souplesse de la cage thoracique et du diaphragme, la capacité à relâcher la ceinture pectorale, la cage thoracique, le diaphragme et l'abdomen, la capacité à se détendre lors de contractions hypercapniques (voire à se déplacer activement dans le sens de la contraction), la promotion de l'engagement ou du réflexe d'immersion des mammifères par l'entraînement et les plongées d'échauffement, et une progression lente et graduelle de la profondeur lors de l'entraînement. Un autre mécanisme susceptible d'intervenir dans la physiopathologie du lung squeeze est le stress de cisaillement. En apnée, il est connu que certains mouvements exerçant une traction sur les poumons et les voies respiratoires peuvent provoquer des lésions, comme l'extension du cou, l'extension du torse et l'élévation rapide des bras. Ces mouvements peuvent infliger des contraintes de cisaillement au tissu pulmonaire, qui, à des profondeurs supérieures à l'équivalent du ventricule droit, peut présenter une tolérance réduite à la déformation en raison d'une flexibilité diminuée, conséquence de la désaération secondaire au déplacement du sang et à la perte de volume.
Siva, F. (2024). Lung damage in squeeze : is it leaking or is it broken ?. In : Lindholm, Lang, Tillmans (2024). Proceedings of Barotrauma and SIPE in Freediving Workshop. San Diego. Disponible à : https://emergencymed.ucsd.edu/_files/divisions/sdced/2024-sdceddan_workshop_proceedings_2024.pdf
L’apnéiste crache du sang, ou un mélange rosé : sortie de l'eau, fin de la séance et surveillance. Les points de contrôle pendant la surveillance : L'apnéiste est essoufflé (fréquence respiratoire > 20/min) [ oui | non ] / L'apnéiste ressent une douleur dans la poitrine [ oui | non ] / L'apnéiste a des mouvements anormaux ou des troubles de conscience [ oui | non ] / L'apnéiste ressent une gène et/ou une douleur [ oui | non ]
| Toutes les réponses sont négatives | Une réponse est positive |
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Mise sous O2 + appel du 15 ou 18 |
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S'il n’y a pas de baisse de performance lors d'une séance de sport terrestre, l’apnéiste peut reprendre une activité aquatique dans un espace protégé (piscine, milieu naturel proche du bord…) à moins de 5 mètres de profondeur. |
S'il n’y a pas de baisse de performance lors d'une séance de sport terrestre, après avis d’un médecin compétent dans la ou les pratiques sportives subaquatiques concernées, l’apnéiste peut reprendre une activité aquatique dans un espace protégé (piscine, milieu naturel proche du bord…) à moins de 5 mètres de profondeur. |
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En cas de manifestation anormale d’effort, consulter son médecin de plongée. L’accès à une profondeur au-delà de 5 m et jusqu’à 15 doit rester très progressif et sans efforts (pas de Valsalva brutal à la descente, pas de demi-tour brutal, …) Pour la reprise de l’apnée en profondeur (> 15 mètres) ou la participation à une compétition d’apnée : un nouveau certificat médical d’absence de contre-indication, établi par un médecin du sport / fédéral ou hyperbare est requis. |
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D'après le document Accident respiratoire d’apnée en eau libre lors de séances de travail ou recherche de profondeur, en apnée, CMPN – octobre 2023, disponible à https://medical.ffessm.fr/uploads/media/default/0001/10/ccd3b3bf01ea5877afcf2db3233002169998f545.pdf.
Depuis longtemps, de nombreuses personnes ont décrit des accidents en apnée qui ne sont ni barotraumatiques, ni syncopaux. Les premières descriptions sont rapportées chez les ramasseurs d'huîtres perlières, principalement à l'île Tuamotu. Les habitants de ces îles donnaient le nom de Taravana (littéralement : "tomber fou") à ces accidents. Il est noté que le Taravana survient en fin de journée, lorsque le plongeur réduit sa récupération en surface. Le Taravana regroupe de nombreux signes cliniques différents : vertiges, nausées, angoisse, troubles avec atteinte neurologique, et même syncopes anoxiques. [...]
Le mécanisme physiologique de cette saturation en azote serait dû à l'augmentation de pression intrapulmonaire augmentant avec la profondeur. Lors de la descente, le volume pulmonaire serait réduit au volume résiduel ce qui provoquerait un engorgement alveolo-capillaire permettant ainsi l'entrée de gaz dans le sang. À la remontée, il y aurait une expansion de ce gaz. Ce phénomène serait augmenté lors de la réalisation de la "carpe". Une autre hypothèse évoque la formation de bulles liées au gaz inerte chargé avec la répétition des plongées. Des calculs théoriques montrent qu'une quantité significative de gaz inerte peut être chargé avec la répétition des plongées et des intervalles surface courts. Les accidents neurologiques auraient des facteurs favorisants communs : le temps d'apnée, la répétition des apnées, la profondeur des apnées, des intervalles surface courts. Il faut également penser dans les phénomènes entraînant ces accidents dits de "décompression" les flux sanguins du blood shift tant lors de sa mise en place que lors de sa levée. Il reste cependant étonnant de constater que seules des atteintes neurologiques centrales sont constatées. En effet, il n'est jamais décrit d'accidents médullaires, ni d'atteintes articulaires.
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
Bien qu'il n'existe à ce jour aucun moyen fiable de garantir l'absence de ce type d'accident, quelques recommandations doivent être données : - les apnées, surtout si elles sont profondes et longues, devront être très espacées afin d'augmenter le temps de récupération. Pour ce faire, il faut travailler au moins par deux, et plonger chacun son tour (aussi bien en chasse sous-marine qu'en apnée); - des périodes de récupération devront être aménagées régulièrement (toutes les heures par exemple); - l'utilisation de matériel type locoplongeur permettant d'augmenter la profondeur des apnées et leur durée (diminution de l'effort musculaire) suppose une vigilance accrue et l'espacement des apnées; - en cas de fatigue, ne pas plonger trop profond; - en No Limit, lâcher son parachute près de la surface afin de réduire la vitesse de remontée dans les derniers mètres ; - en cas de malaise ou de mauvaises sensations après une apnée profonde, stopper l'entraînement, et suivre la procédure habituelle préconisée pour les accidents de décompression; - utiliser un ordinateur de plongée spécifique à l'apnée pour évaluer la quantité de plongée effectuée par heure ; - et surtout planifier son entraînement, car rien ne doit être improvisé !
Lemaître, F. (2007). L'apnée, de la théorie à la pratique. Presses Universitaires de Rennes.
Lorsque l'on plonge dans l'eau, on ressent un frisson de froid. Cela vient du fait que la chaleur corporelle, qui se maintient constamment autour de 37°C, se disperse beaucoup plus rapidement dans l'élément liquide, à cause de son « coefficient de conductivité thermique » différent, vingt-cinq fois supérieur à celui de l'air. Dans l'eau, donc, la chaleur se disperse vingt-cinq fois plus vite que sur terre. [...] L'organisme s'adapte au froid grâce à une vasoconstriction périphérique : les vaisseaux sanguins se resserrent et moins de sang coule à la surface du corps. De cette manière, la dispersion thermique ralentit, et la chaleur reste en "profondeur". Cependant, si l'on demeure longtemps dans l'eau, les mécanismes d'adaptation du corps ne seront plus suffisants et on commencera à grelotter. Les frissons sont la réponse physiologique du corps, qui tente de se réchauffer en contractant spasmodiquement les muscles pour produire de la chaleur; cette réaction demande néanmoins de l'énergie. Les tremblements sont donc des espions qui avertissent l'apnéiste qu'il fonctionne sur sa "réserve" ; c'est une bonne raison de sortir de l'eau. On ne peut vaincre le froid. On ne peut que le prévenir en passant une combinaison d'une épaisseur appropriée aux conditions [...]. En restant dans l'eau froide pendant de longues périodes, la température corporelle finit quand même par baisser ; les frissons deviendront plus intenses et longs, et mains et pieds s'engourdiront. Lorsque la température corporelle descend autour de 35°C, c'est l'hypothermie, qui constitue un sérieux danger pour la personne. Si l'exposition au froid se prolonge et que la température descend à 32°C, la capacité de raisonner diminue, et à des températures au-dessous du 32°C, la vie court un péril imminent.
Pelizzari, U., & Tovaglieri, S. (2005). Apnée, de l'initiation à la performance. AMPHORA.
Barotraumatisme, hyperventilation, hypothermie, hypoxie, oedème pulmonaire d'immersion, syncope, taravana.